Une journée au Sahara
Dans le désert le déroulement de la journée est dicté par l'astre du
jour. Au premier rayon de soleil c'est le réveil. Après un solide petit
déjeuner la caravane prend la piste. Aux heures les plus chaudes une
halte ombragée est la bienvenue pour se restaurer et se reposer avant le
trajet jusqu'à l'emplacement du bivouac nocturne.
Le soir autour du feu l'ambiance est souvent festive, c'est "l'ahal*.
Chants accompagnés d'instruments de musique improvisés, récits, contes
et poèmes font de ces instants fugaces des moment inoubliables et
magiques des nuits étoilées du Sahara.
*Ahal : tradition touarègue, qui favorise les
rencontres entre célibataires des deux sexes, soirée ou se disent des
poèmes, se racontent des histoires, le tout accompagné de musiques et de
chants
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La piste en 4 x 4
Au Sahara chaque type de terrain contraint le chauffeur du véhicule 4 x
4 à adapter sa façon de conduire. Solane fol Soulanes va " doucement sur
le reg", par contre sur la tôle ondulée il vaut mieux rouler très vite
pour éviter les secousses.
Les ensablements et les crevaisons font aussi partie du voyage. Alors il
ne reste plus qu'à dégager le véhicule du sable, ce qui peut s'avérer
long et laborieux, ou à changer la grosse roue de la 4 x 4, la démonter,
réparer la chambre à air, la remonter et surtout la regonfler,
pour ne pas être pris au dépourvu si un tel incident devait se
reproduire.
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Que mange-t-on ?
Au quotidien du voyage les repas traditionnels simples et nutritifs,
riz, pâtes, taguella*, accompagnés de légumes et de viande en
sauce, soupes, chorba, permettent au voyageur de résister aux
dures conditions climatiques sahariennes. Chaque halte est également
l'occasion de boire de nombreux petits verres de thé très sucrés (3 thés
à chaque fois dans la tradition touarègue) et de déguster, en attendant
le repas principal, les dattes des oasis et le lait fermenté,
aliments des populations nomades.
Quand l'occasion s'en présente un méchoui est organisé, rompant la
monotonie des repas, moment d'abondance dans l'austérité du désert.
*La taguella est une galette de pain sans
levain cuite dans un four de sable. (un grand feu chauffe le sable, les
braises sont réservées, puis le sable est légèrement creusé, le pain y
est déposé puis recouvert de sable sur lequel on ramène les braises). Ce
pain est émietté et arrosé d'une sauce avant d'être servi dans le grand
plat commun.
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La recherche de l'eau
La route des caravanes est tributaire des points d'eau, puits, agelman
(gueltas), oued ou l'eau coule parfois et dans le lit desquels il suffit
de creuser pour qu'elle sourde fraîche et limpide.
Les touareg repèrent les emplacements des puits et points
d'eau par des signes dans le désert visibles de loin. Le désert pour
celui qui y est né est un grand livre à ciel ouvert, messages écrits sur
la pierre tifinagh, redjem (cairns), etc.
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Événement rare mais possible, les crues d'oued
sont dévastatrices, l'air se rafraîchit brusquement, il a plu
quelque part et l'oued peut entrer soudainement en crue, l'eau
détruisant tout sur son passage, emportant pierres, véhicules 4
x 4 et même parfois de gros camions. |
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Températures : "Il fait froid je gèle, maintenant j'ai trop chaud"
Sahara, climat des extrêmes. Dans le désert la température peut
descendre l'hiver en altitude jusqu'à - 10°C, voire encore moins, pour
avoisiner les 15°C à 25°C la journée.
En été le désert devient une fournaise écrasée de soleil, le thermomètre
peut y atteindre plus de 55°C à l'ombre.
Dès le printemps, lorsque la saison des pluies commence
en Afrique subsaharienne, certains jours de violentes tempêtes de sable
accompagnées de tornades impressionnantes balayent les plateaux
obligeant le voyageur à modifier son itinéraires ou à renoncer à un
circuit.
Pour son confort la tenue traditionnelle des touaregs est certainement
la mieux adaptée à ces contrastes violents, vêtements amples et
superposables, permettant à l'air de circuler, port du taguelmoust
(chèche), qui protége, du froid, du soleil et de la chaleur en réduisant
la déperdition d'eau due à la respiration.
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Des oiseaux migrateurs
font toujours escales dans le Sahara, telle cette cigogne
photographiée au printemps 2004 et qui se reposait dans l'oued
Tazrouk (photo ci-dessus) avant de reprendre son vol pour le Nord de
l'Afrique ou peut-être vers l'Europe.
Il ne faut pas oublier les moula moulas, oiseaux porte-bonheur du
Sahara, charmants petits traquets à tête blanche, visiteurs curieux
et furtifs, qui volètent comme des papillons à la recherche de
quelques miettes du repas autour des bivouacs (petite photo
ci-dessus).
Dans le sable du
désert il déchiffrera aussi le dessin de traces de chacals, de
gazelles, de lièvres, de nombreuses gerboises, d'un gros lézard
fouette-queue, d'un scorpion, d'une vipère des sables et autres
représentants de la faune. |
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Faune sauvage : traces et
rencontres inattendues
Parole de targui: " Le désert est vivant."
Des gazelles qui traversent la piste en bondissant devant la 4 x 4, la
journée sera bonne, c'est un excellent présage.
L'Ahaggar et les tassilis sont encore localement
relativement riches en faune résiduelle.
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Lors de son périple, le voyageur attentif sera
très surpris d'observer nombre d'animaux, de reptiles et
d'oiseaux, grands rapaces planant dans le ciel, perdrix des
sables s'enfuyant éperdument à son approche, daman des
rochers, courant pour se cacher alertés par leur guetteur. |
| Et....il y a encore des barbeaux,
poissons, qui ont survécu à la désertificaiton et qui nagent
encore dans quelques igelmemem (gueltas). |
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La végétation ou l'art de la ténacité
Qu'il pleuve et le désert reverdit.
Les oueds ou l'eau est suffisante sont aussi des lieux enchanteurs
pour le passant qui y fait halte, la végétation y devient exubérante,
roseaux, qui fournissent les matériaux de construction pour les zéribas
(huttes traditionnelles), lauriers roses (l'arbuste qui tue les
chameaux), palmiers, menthe sauvage et autres plantes créent un îlot de
verdure et de vie empli du chant des oiseaux.
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Tamarix dans l'oued Amsel, leurs racines retiennent
l'ancien substrat nourricier. De ce fait certains arbres paraissent
pousser sur de petites collines au milieu de l'oued.
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Quelques
coloquintes poussent dans le sable. Ces cucurbitacées
font partie de la pharmacopée traditionnelle touarègue
comme beaucoup d'autres plantes et en particulier le
cheh (armoise). A droite tasa, plante qui était
utilisée, après avoir été soigneusement pillée, en tant
que substitut de savon pour nettoyer les vêtements. |
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Les jardins du désert
Lors d'un voyage dans le désert il faut absolument visiter les jardins
des oasis, petites merveilles au milieu de l'aridité.
Ils exigent un travail incessant et sans cesse renouvelé pour lutter
contre la sécheresse, désensablement et nettoyage des puits et des
foggaras. Cependant un progrès indéniable a été l'introduction des
pompes motorisées pour alimenter les bassins de retenue d'eau, elles ont
remplacé avantageusement les systèmes traditionnels de puisage.
les jardins du désert, par un judicieux mélange entre arbres
fruitiers et "ornementaux" ombrageant et protégeant les parcelles du
vent et un système d'irrigation ou l'eau est répartie équitablement,
fournissent de délicieux légumes et des fruits à la saveur
incomparable.
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Histoire d'âne, chameaux et troupeaux
Tu as vu le mouflon dans les rochers ? Zoom 300 mm il n'arrête pas de
bouger, il se tourne et deux magnifiques oreilles se découpent dans le
contre-jour, alors le dit mouflon se transforme en âne, déception.
Les chameaux (dromadaires) utiles pour transporter les lourdes charges
des caravanes , objets de prestige en méharis richement parés pour la
fête sont aussi devenus aujourd'hui les compagnons des méharées et des
randonnées touristiques. D'introduction relative récente, aux environs
des premiers siècles de notre ère voire peu avant, ils ont supplanté les
chevaux beaucoup moins bien adaptés aux conditions climatiques du
Sahara.
Le petit bétail, chèvres et moutons, que le visiteur aperçoit
s'abreuvant au puits ou paissant dans le désert, constituent l'essentiel
des animaux domestiques et fournissent viande et lait aux touareg.
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Chaque pièce d'artisanat peut réunir plusieurs
fonctions, utilitaires et décoratives, sacs de tente ou de selle
pour la parade, bijoux représentation sociale et sexuelle,
protection contre le mauvais oeil (amulettes en argent, en cuir
ou en tissu contenant des messages, des herbes ), pierres à
vertu prophylactique ou curative serties sur des bijoux ,
vanneries et ustensiles ménagers en bois décorés pour l'usage
quotidien, tissages multicolores recouvrant et isolant les
sièges des véhicules, takouba (grande épée), souvenir des rezzou
d'antan et objet de prestige encore portée par les touareg
lors des fêtes. |
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Artisanat, objets du quotidien et
des fêtes du Sahara
En rentrant chez lui le voyageur est lourdement chargé, les sacs ou
valises emplis des souvenirs de son voyage, mais les objets, qu'il
transporte sont aussi des objets du quotidien et des fêtes des touareg.
L'artisanat au Sahara est encore omniprésent, tradition toujours vivace
représentée par des objets originaux, tant dans les formes, les couleurs
vives et les décors, dessins géométriques typiquement touareg. |
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