A l'Assekrem avant l'orage, automne 2005/ Cliquer pour agrandir l'image Lever de soleil à Tagrera - Tassili N'Ahaggar/ Cliquer pour agrandir l'image Les Tizouyag avant l'orage, automne 2005/ Cliquer pour agrandir l'image Lever de soleil à Terci - Tassili N'Ahaggar/ Cliquer pour agrandir l'image Atakor, la piste de l'Assekrem, Ahaggar/ Cliquer pour agrandir l'image Coucher de soleil près de l'oued Foutes - Ahaggar/ Cliquer pour agrandir l'image

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Tamanrasset

Cette ville située à environ 1'460 m d'altitude comptait en 1911 151 habitants, actuellement dans les 60'000 !!! Capitale des touareg de l'Ahaggar (Kel Ahaggar), chef lieu de Wilaya (préfecture) une route goudronnée, la transsaharienne, et des liaisons aériennes régulières la relient à la capitale Alger, située à plus de 2'000 km..
Carrefour des cultures, point de rencontre de l'Afrique du Nord et de l'Afrique subsaharienne, le grand marché  de Tamanrasset, haut en couleurs, reflète bien ses diversités.
Tamanrasset une escale obligée pour celui ou celle qui veut découvrir l'Ahaggar. 


Dessin touareg

 

Motif gravé sur un bracelet (elkis)

 

  Dessin touareg

 

  Motif gravé sur un bracelet (elkis)

 

Dessin touareg

 

Motif gravé sur un bracelet (elkis)

 

Dessin touareg

 

Motif gravé sur un bracelet (elkis)

 

Dessin touareg

Clef de voile dite clef de Tamanrasset

Tamanrasset au petit matin/ cliquer pour agrandir l'image

Tin Hinan ou l'histoire des origines

Le Hoggar, en arabe, ou Ahaggar en tamachek (langue berbère parlée par les touareg), est le nom historique du pays contrôlé par la confédération des Kel Ahaggar
Dans la tradition des tribus touareg de l'Ahaggar, les nobles se disent descendants, par filiation utérine, d'une femme appelée Tin Hinan, tandis que les tributaires considèrent sa servante comme leur ancêtre.

Selon leur récit le plus connu : Tin Hinan, femme noble originaire de Tafilalet, Sud de l'Atlas marocain, accompagnée de sa servante Takama et de sa suite, quitta, il y a bien longtemps, son pays natal. Après un long voyage elle arriva et s'installa à l'endroit, qui se nommera Abalessa en souvenir de son frère. 
Le mausolée de Tin Hinan, situé sur les bords de l'oued Abalessa, à  100 km de Tamanrasset, était bien connu des touareg. Il a fait l'objet d'une première  campagne de fouilles en 1925 et d'une seconde en 1933. Ce qui était considéré comme une légende par l'occident a alors rejoint l'histoire!

La datation du mobilier indique  une période allant approximativement du II au IV siècle après JC.  Une importante exposition est consacrée à Tin Hinan au Musée National du Bardo à Alger.

Société touarègue et classes sociales

L'organisation du monde touareg et les interactions entre les différentes classes sociales de cette société fortement hiérarchisée,  sont impossibles à résumer en quelques mots sans  en trahir l'image et les subtilités. 
Cependant, en simplifiant à l'extrême, elle se présente comme suit :  le chef suprême de la confédération des Kel Ahaggar est l'Aménokal, qui est élu par les tribus,  puis viennent ensuite les aristocrates Ihaggaren (Ahaggar), les tributaires Kel Ulli (gens des chèvres) ou Imghad (Amghid) issus des anciens peuplements des régions soumises par les Ihaggaren, les Issaqqamarènes, groupement récemment intégré à l'ethnie touareg, les artisans Ineden (Enad), les Ineslimen (Aneslim) gens de l'Islam, religieux qui se prétendent descendants du Prophète dont l'insertion dans la société paraît relativement peu ancienne,  sans oublier les anciens esclaves Iklan, (Akli). 
Le targui se dit aussi "Targui ould Targuia", traduction "l'homme fils de la femme", ce qui renvoie au matriarcat dans les structures familiales des sociétés berbères et à la répartition de l'espace et des pouvoirs.

Ilugan carrousel des chameaux/ Cliquer pour agrandir l'image Targui/ cliquer pour agrandir l'image
Dans la zériba à Ideles/ Cliquer pour agrandir l'image
Une arche, Youf Ahakit - Tassili N'Ahaggar( Cliquer pour agrandir l'image El Ghessour, Tassili N'Ahaggar/ Cliquer pour agrandir l'image

L'Ahaggar et  les Tassilis paysages sublimes et mémoire de l'humanité

Le désert de L'Ahaggar couvre un territoire de 530'00 km2, ce qui équivaut presque à la surface de la France , qui est de 551'000 km2
Culminant à près de 3000 m le Mont Tahat, dans l'impressionnant massif de l'Atakor,  est le plus haut sommet de l'Ahaggar et de l'Algérie.

Tassili près d'In Guezzam/ Cliquer pour agrandir l'image Coucher de soleil à Tahagart et vent de sable/ Cliquer pour agrandir l'image

L'Ahaggar offre au visiteur un voyage intemporel dans des paysages grandioses et superbes. Le voyageur fasciné découvrira dans ce désert, qui est l'un des plus grand musée en plein air du monde, une partie de la mémoire de l'humanité.
Le Tassili N'Ajjer a été classé patrimoine de l'humanité par l'Unesco. 
A chaque détour de la piste le paysage change et c'est un enchantement perpétuel,  reg étendues de pierre, erg  sable et dunes, lit d'oueds sablonneux, montagnes majestueuses aux formes étranges, tassilis mystérieux et  ténéré désert absolu. 

Géologie et géants

La géologie de l'Ahaggar est aussi variée que puisse l'être ce vaste territoire , granits,  grès, dépôts sédimentaires, forêts de pierre, basaltes, coulées de laves dues au volcanisme, mines de sel, massifs montagneux tel que l'Atakor, pierres et blocs érodés par les vents de sable, ou éclatés sous l'effet des importantes variations thermiques.

Sculptures dues à l'érosion éolienne, Tassili près d'In Guezzam/ Cliquer pour agrandir l'image Etranges formations au bord de la piste de Tahagart/ Cliquer pour agrandir l'image

Parfois, il semble qu'un peuple de géants se soit amusé à sculpter et à bouleverser le paysage en créant des formes énigmatiques et étranges.
Il n'est pas étonnant que les touareg racontent que les premiers  habitants de leur pays étaient des  géants, appelés en tamachek
ijjabaren  et des ogres. Ils leur attribuent la réalisation des gravures et des peintures rupestres et désignent les nombreux tumuli préislamiques du Sahara comme leurs tombes. 

Interrogation d'un targui devant la gravure des boeufs à l'abreuvoir à Tegharghart : "Penses-tu que des êtres humains puissent faire cela?". 

 

Dépôt sédimentaire - Ahaggar/ Cliquer pour agrandir l'image Dépôt sédimentaire - Ahaggar/ Cliquer pour agrandir l'image
Empreinte de pied dans la roche !!! - oued Hirafok Ahaggar/ Cliquer pour agrandir l'image Oued Ahor, Téfédest,  quand la nature se fait sculpteur/ Cliquer pour agrandir l'image

Récolte du bois pour la préparation du repas - Ahaggar/ Cliquer pour agrandir l'image

Ahaggar en direction du Tassili N'Ajjer par la piste des oueds/ Cliquer pour agrandir l'image

Désertification le paradis perdu

La période de désertification actuelle a commencé il y a environ 4'000 à 3'000 ans BP (before present) et toutes les régions n'ont pas subi cette catastrophe en même temps. 
Le Sahara central est demeuré plus longtemps humide que le Sahara oriental. Il a été verdoyant, riche d'une faune et d'une flore aujourd'hui disparues, à part quelques  rares témoins résiduels. 
Il s'est peu à peu transformé en le désert que nous connaissons actuellement, sous les coups de butoir des changements climatiques et de la pression démographique, ne laissant plus à ses habitants qu'à fuir pour assurer leur survie.

L'Amadghor ou le sel richesse du Sahara

Les mines de sel de l'Amadghor rappellent que le commerce transsaharien fut florissant.

Les caravaniers échangeaient le sel récolté, bien extrêmement précieux pour les populations du Sahel, principalement contre du mil. Cette activité a favorisé l'ouverture des grandes routes à travers le désert et a développé le commerce entre les pays du Sahel et le Sahara.
Ce système d'échange a perduré jusqu'à récemment. Mais aujourd'hui il ne reste plus que les habitants de la région pour venir s'approvisionner aux mines de l'Amadghor. Cependant chaque année la première semaine de mois d'août de grandes fêtes sont organisées à Tazrouk, village de l'Ahaggar, pour perpétuer le souvenir des grandes caravanes d'antan.

Le commerce transsaharien aujourd'hui

Aujourd'hui les gros camions, très lourdement chargés, et les véhicules de toutes sortes ont presque totalement remplacé les caravanes. Ils  sillonnent l'un des principaux axes d'échanges entre le Nord du continent et l'Afrique subsaharienne.

Et...la transsaharienne de Tamanrasset à Agadez nous raconte de nouvelles histoires, l'espoir fou des populations du Sud en un avenir meilleur en Europe, les années 1970 rêve d'un autre monde des enfants de mai 68, les premiers Paris-Dakar, mais aussi les drames d'un Sahara, qui peut être impitoyable.

L'extraction du sel sur la mine de l'Amadghor au printemps 2005/ Cliquer pour agrandir l'image L'ancienne oasis de l'Amadghor, quand les dunes se font envahissantes/ Cliquer pour agrandir l'image
Un camion sur la piste de Tamanrasset à Agadez/ Cliquer pour agrandir l'image Carcasse de 2 CV avant près d'In Guezzam
Un puits dans la Téfédest/ Cliquer pour agrandir l'image L'oued Tintarabin après l'orage/ cliquer pour agrandir l'image

L' Ahaggar ancien château d'eau du Sahara

L'oued Tafessasset, alimenté  jadis par de nombreuses sources, était le plus grand fleuve du Sahara central. Il  coulait du nord au sud-est et après un trajet de 1'500 km se jetait dans la cuvette du lac Tchad. Avec l'Igharghar long de 1'300 km, qui prenait naissance dans l'Atakor pour terminer sa course dans le chott Melghir (lac salé d'Algérie, au sud du massif de l'Aurès, à la limite du Sahara), ils sont les témoins fossiles de l'impressionnant réseau d'eau du  Sahara fertile des temps anciens.

L'eau aujourd'hui précieuse et rare, principe de vie

Aman Iman, l'eau est le principe vital (l'âme qui anime le corps). Dans le désert elle est précieuse et partout ou elle est présente, la vie jaillit, végétation luxuriante, oiseaux , reptiles et mammifères,  rappelant "le paradis perdu". 
L'eau n'est cependant pas totalement absente des contrées sahariennes, elle est quelquefois difficile d'accès nécessitant le forage de puits très profonds pour atteindre la nappe phréatique. Sourdant du sable elle coule aussi à l'air libre en ruisseaux et cascades, s'accumule dans des cuvettes étanches créant une guelta, agelmam en tamachek (petit lac), ou affleure près de la surface dans le lit d'oueds.
Cependant et comme partout l'approvisionnement en eau dépend des pluies,  parfois les sources tarissent, les puits sont à sec, l'agelmam n'est plus qu'un fond boueux. Ces sécheresses, quand elles perdurent, induisent des conséquences dramatiques pour les populations touchées. Pour mémoire les tragédies des grandes sécheresses, qui ont affecté, entre 1972-73 et 1983-84, les pays du Sahel.

Rencontres avec l'Islam à travers l'architecture

Allant à l'essentiel pour le croyant, lieu de prière préservé, se fondant dans le paysage, la Mosquée du désert ou Tamesjjida en Tamachek affirme partout, que se soit dans les villages près des zéribas, le long des piste ou à l'emplacement des campements, la présence du sacré au quotidien. De simples pierres sèches délimitent par leur tracé l'aire sacrée de l'espace profane. Ci-contre Tamesjjida près de Tit.
Dans certains village une Tamesjjida, est aussi construite en dur avec les matériaux traditionnels. Photo de droite Tamesjjida à Hirafok.
Malheureusement, en hiver 2005, des pluies diluviennes se sont abattues sur l'Ahaggar et la petite Mosquée d'Hirafok a fondu.

Ci-contre la Tamesjjida de l'Ilamane, selon la légende elle aurait été construite par les compagnons du Prophète. Elle est constituée de phonolites (allumettes) extraits dans les environs.

Les phonolites qui ont servi à la réalisation de la Tamesijida de l'Ilamane/ Cliquer pour agrandir l'image

Djanet Tassili N'Ajjer

C'est une très belle oasis, la palmeraie verdoyante s'étend dans la vallée de l'oued Djanet. Le vieux Ksar se marie et s'intègre aux gros blocs de pierres arrondis, architecture ne faisant qu'une avec la nature. De loin l'image des maisons disparaît se fondant dans le djebel. 
L'implantation humaine dans l'oasis de Djanet est très ancienne et date des temps les plus reculés de la préhistoire. (du paléolithique inférieur 1.7 ma). Dans ses environs les vestiges archéologiques sont nombreux et en montant sur le plateau il est possible d'admirer des peintures rupestres de renommée internationale.

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© Sylvia Lucie Eva Donon - Juin 2004 - Tous droits réservés